Bienheureuse Rosalie Rendu (1786 – 1856) -2-

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Ou comment une parisienne devint sainte en arpentant les rues de la Capitale.

Arrivée à l’âge de 16 ans comme postulante à la maison des Filles de la charité du quartier Mouffetard, Sœur Rosalie y restera jusqu’à sa mort 54 ans plus tard ! Bel exemple de fidélité au service des plus pauvres, vécu avec un élan intérieur qui ne fera que croître au fil des ans et des difficultés surmontées.

Chaque jour et par tous les temps, Sœur Rosalie arpente les rues et ruelles du quartier, son chapelet à la main, son panier dans l’autre, à la rencontre de ceux, nombreux en ce quartier le plus misérable de la capitale, qui attendent d’elle secours et réconfort. Inlassablement et avec une grande bonté, elle soigne, nourrit, visite, console, apaise… Déjà, elle découvre le bien fondé de cette parole qu’elle aime tant répéter : « Une Fille de la Charité est comme une borne sur laquelle tous ceux qui sont fatigués ont le droit de déposer leur fardeau ». Elle apprend également à faire de la rue le cloître où elle ne cesse de s’entretenir avec Dieu. « Jamais je ne fais si bien oraison que dans la rue » dit-elle.Rosaslie Rendu 2

En 1815, Sœur Rosalie est nommée supérieure de la communauté. Ses qualités de dévouement et d’organisatrice se révèlent alors pleinement. Peu à peu, c’est tout un réseau d’œuvres charitables qui s’édifie autour de la maison des sœurs : un dispensaire, une pharmacie, une crèche, un orphelinat, une école, un patronage, une maison pour les vieillards sans ressource… Plus elle côtoie la misère, moins elle ne peut s’y habituer. « Il y a quelque chose qui m’enlève tout appétit – avoue-t-elle- c’est l’idée que tant de familles manquent de pain ». 

Les épreuves ne manquent pas dans ce quartier si pauvre : Le manque d’hygiène favorise les épidémies, notamment celles de choléra qui font de nombreuses victimes. Les risques pris par les sœurs en ces circonstances frappent les habitants. Sœur Rosalie n’hésite pas à ramasser elle-même dans la rue les corps contaminés ! Tant de dévouement et de bonté contribuent à sa renommée. Les dons affluent pour ces œuvres… et les bonnes volontés aussi. De nombreux étudiants arrivent du quartier latin pour lui prêter main forte. C’est ainsi que Sœur Rosalie initiera le futur Bienheureux Frédéric Ozanam aux visites de charité chez les plus démunis, notamment en lui prodiguant de nombreux conseils sur la manière chrétienne de considérer et d’aider les indigents.

Sœur Rosalie a également à cœur d’éduquer ses filles. Elle tient à leur faire goûter la joie de se donner pour les autres. L’une d’elles racontera : « si à la suite d’une démarche, nous rapportions une bonne réponse, elle nous envoyait la communiquer aux familles intéressées pour nous faire jouir de leur bonheur et nous encourager ». 

A la suite de Saint Vincent de Paul, elle veut que les pauvres soient servis avec un grand respect : « Ils sont nos seigneurs et nos maîtres ! Y avez-vous pensé, ma sœur, lorsque vous avez expédié ce pauvre si rudement ? ».

Avec délicatesse, elle sait faire appel à la conscience de celles que le Seigneur lui a confié pour qu’elle les aide à être de bonnes consacrée. « Sa formule ordinaire était celle-ci : “Notre Seigneur demandait cela de vous… Ne l’avez-vous pas compris ? ». 

Le 7 Février 1856, après une courte maladie qui a eu raison de son organisme usé, Sœur Rosalie rend son âme à Dieu. L’émotion est considérable chez les riches comme chez les pauvres, à Paris comme en province. Son enterrement est un triomphe et la presse de toute tendance lui rend hommage. Elle est béatifiée par Jean-Paul II en 2003.