Ces entreprises chrétiennes qui font la différence.

 

Ce mois-ci, nous vous proposons un survol de deux entreprises portées par des patrons chrétiens qui, en des temps désormais bien mis à mal, assuraient un suivi et une formation intégrale de leurs salariés.

 

Commençons par l’incontournable Michelin. Bien que la plupart de ses dirigeants aient été de solides chrétiens, le plus emblématique est certainement François Michelin, qui fut à la tête de l’entreprise de 1955 à 2002. Pour lui, « la miséricorde dans une entreprise c’est comme l’huile dans le moteur. Sans miséricorde le moteur se grippe. » Interrogé sur sa définition du bonheur, il disait : « Le vrai bonheur, c’est d’être fixé en Dieu. » Toute sa carrière professionnelle à Clermont-Ferrand fut rythmée par le même rituel matinal : messe quotidienne, puis café au bar du coin avant de rejoindre l’usine. C’est sous sa direction que la ville acheva de bénéficier de grands aménagements : écoles, crèches, stade, piscine, logements… destinés aux employés (28 000 dans cette seule ville en 1982) et à leurs familles. François Michelin était réputé pour sa forte aversion pour les syndicats, souvent revendicateurs à outrance, mais aussi pour son amour et son attention aux personnes, d’où, au final, un patron très apprécié de tous les ouvriers.

LafargeVient ensuite Lafarge, n°1 mondial du ciment. Depuis 1830, date de création de l’entreprise, le groupe est marqué par une forte empreinte chrétienne. Un ancien dirigeant en témoigne : « Les Lafarge étaient de grands chrétiens. La tradition est restée jusqu’à nos jours. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y ait que des chrétiens au comité exécutif. » Et il ajoute : « C’est un fait, tous les patrons Lafarge ont été des chrétiens convaincus. » Cependant, une chose est que les dirigeants soient chrétiens, une autre qu’ils parviennent à donner cette impulsion à l’entreprise.  A ce sujet, B. Collomb, président d’honneur en 2007, précisait : « L’attention aux hommes d’abord teintée de paternalisme a évolué avec le temps, prenant d’abord la forme d’un humanisme chrétien, puis se laïcisant sans pour autant perdre de sa force. Ne serait-ce que parce que ses dirigeants ont fait le choix de maintenir cet idéal et ont été recrutés en fonction de leur adhésion à celui-ci. » Il ajoute : « La religion n’est jamais une condition de recrutement. L’adhésion aux valeurs de l’entreprise peut en être une. »

Ainsi, alors que jusque dans les années 50, être divorcé était un obstacle à l’embauche, aujourd’hui il est simplement exigé un partage des valeurs de l’entreprise. L’entretien de ces valeurs de fond chrétiennes est assuré par une certaine orientation des entretiens d’embauche. Par exemple, J-M Schmitz, très attaché à la doctrine sociale de l’Eglise et DRH du groupe pendant les années 90, voyait comme un plus les personnes ayant exercé des responsabilités dans le scoutisme.

A l’échelle de grandes entreprises, ces idéaux se font rares, mais ils sont encore bien présents dans les PME chrétiennes, même si, hélas, les impératifs politiques et économiques entraînent bien des compromissions. Parfois – et c’est le cas dans plusieurs villes de France – les entrepreneurs se trouvent acculés par la franc-maçonnerie, et si l’alliance est refusée, les difficultés s’enchaînent… Héroïques sont ceux qui persistent alors dans leur idéal de chrétien intégral !