CoucouCmoi

Un oiseau squatteur

Bonjour à tous et bienvenue sur la toile de Jips l’araignée ! Non mais c’est pas possible ! Même chez les oiseaux, on trouve des individus assez irresponsables pour exploiter les autres ! Cas parmi les cas, je nomme le Coucou Cmoi. Pour tromper son monde, ce triste individu emploie trois armes : un œuf clown, un cri faussé, une cravate orange.

D’abord l’œuf. Il faut être gonflé pour se permettre de pondre un œuf dans le nid du voisin, à son insu bien sûr… Et tout ça en dix secondes ! Chaque lignée de coucou a ses habitudes et donc ses œufs avec teinte et motifs propres. Il faut des talents d’observation à Madame Coucou pour ne pas se tromper de nid, ainsi que beaucoup de discrétion… En effet, si l’hôte l’aperçoit à proximité, il n’hésitera pas une seconde, d’une part à lui voler dans les plumes, d’autre part à inspecter soigneusement son nid et à jeter par-dessus bord tout colis piégé !

La supercherie continue avec la naissance du poussin-clown. Pas si drôle que ça le clown, puisque sitôt éclos, c’est-à-dire en général avant les autres, monsieur éjecte les autres œufs du nid, histoire qu’il n’y ait pas de concurrence. Toutefois, s’il se trouvait par malheur en compagnie d’autres poussins, une autre arme lui est encore fournie… En effet, dans la nature, les couleurs ont une certaine puissance. Ici, ce n’est pas le nez qui est rouge, mais le gosier (en réalité orange vif). Ainsi paré, cette grande bouche de poussin reçoit plus de becquées que ses congénères. Petit poussin devient très vite très gros poussin, assez maladroit pour donner un coup d’aile à ses petits camarades qui font alors une chute libre, la dernière, de quelques dizaines de mètres… De toute façon, c’est ça ou l’épuisement garanti des parents, parce que « Moi petit gros coucou, j’ai faim ! » Avec la solution « éjection automatique », les parents ont encore une chance de ne pas y laisser leur peau… sur les os !

Quant au cri, il est évident que tous les poussins chantent faux. La prouesse de coucou est qu’il arrive, au moins au début de sa vie, à dire autre chose que… « coucou » et à chanter… hurler comme les petits camarades. Le mimétisme se poursuit même dans la manière de pleurer après un petit ver de terre !

La défense s’organise dans la nature et les espèces parasitées habituellement, comme la fauvette, ne se laissent plus duper comme ça ! C’est donc la course : pour le coucou, course au mimétisme, pour la fauvette : course au perfectionnisme dans la reconnaissance des œufs. C’est pourquoi la forme et les motifs des coquilles évoluent au fil du temps : l’œuf du coucou pour tromper, celui de Fauvette pour sécuriser !

Vous croyez qu’il n’est qu’un pirate dans la nature ? Détrompez-vous ! D’autres espèces le sont aussi. Certaines, comme le coucou, sont incapables d’élever leurs propres gosses, d’autres, dans un excès de fatigue, se disent : « À quoi bon construire un nid et faire les courses tous les jours ? » et prennent la même option. D’où leur viennent toutes ces idées ? Comment les oiseaux se passent-ils l’info, et de parasiter, et de déceler ? Mystère et boule de plume !

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