Don Nazareno Lanciotti (1940 – 2001)

Un curé d’Ars au Brésil (2/2)

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Peu de mois après, Don Nazareno fut nommé responsable national du Mouvement sacerdotal marial et, à partir de ce moment-là, il se rendit chaque mois à Cuiabà, à Sao Paulo et à Rio pour des Cénacles, réunissant des dizaines de milliers de personnes. « Le grand charisme du Padre Nazareno était la confession. Chaque jour, il confessait quatre-vingts à cent personnes. » Le grand témoignage de vie de don Nazareno amena même toute une ville à se convertir : « Jauru était une ville sainte ! C’était le seul endroit du Brésil où, par décret du maire, le carnaval était prohibé. À la place de ce divertissement, on faisait un Cénacle de trois jours, avec prêtres et fidèles. »

Envers les autorités, il ne fit jamais de polémique, comme certains de ses confrères contaminés par la « théologie de la libération », souvent vociférante, exclusivement tendue vers le progrès social ; il préférait le travail silencieux et affectueux à l’exemple de Marie, Elle qui, uniquement avec l’amour, s’abandonnant à l’entière volonté de Dieu, a porté et apporte son Fils Jésus. Don Nazareno a lutté contre les injustices, défendu les pauvres, ceux qui sont vraiment les « derniers », délivré les personnes de l’esclavage le plus cruel, celui du péché, pour les ramener au Christ. En ce sens, il était « dérangeant ».

C’est ainsi qu’arriva le jour fatidique du 11 février 2001. Ce soir-là, dans la salle de la maison paroissiale de Jauru, neuf personnes étaient présentes. À la fin du dîner, soudainement, deux individus cagoulés firent irruption, comme s’ils cherchaient de l’argent à voler. Après ce premier moment de terreur, l’un d’eux s’approcha de don Nazareno et murmura à son oreille gauche quelques mots à voix très basse. Celui-ci posa les mains sur son visage et baissa la tête. Puis les agresseurs se mirent à jouer avec leur pistolet comme à la roulette russe avec ceux qui étaient présents, jusqu’au prêtre. Celui-ci, quand il sentit le revolver sur sa tempe, eut un réflexe de recul et reçut la balle dans le cou.

Il fut transporté à Cuiabà où son état fut aussitôt jugé alarmant. Cependant, il était conscient et parlait : il demanda un prêtre, se confessa, renouvela sa consécration à la Sainte Vierge, offrit sa vie pour la paroisse, pour le Pape, pour l’Église, pour le Mouvement, et déclara qu’il pardonnait à ses meurtriers. Don Stefano Gobbi se trouvait providentiellement au Brésil et se précipita auprès de lui. Don Nazareno était conscient, totalement paralysé. Il dit à don Gobbi que le bandit avait murmuré ces paroles : « Je suis le démon… Je suis venu te tuer parce que tu nous déranges trop. » Il vécut encore dix jours, puis mourut1.

La devise de don Nazareno était : « Cœur Immaculé de Marie, ma confiance, ma santé et ma victoire. » Il est le premier martyr du Mouvement sacerdotal marial. Sa cause de béatification étant ouverte, il est aujourd’hui serviteur de Dieu.

1« Mes prêtres doivent se préparer, ils doivent être prêts… Ils seront bafoués, méprisés, persécutés et quelques-uns même tués. Mais Moi Je serai toujours avec eux et je les protégerai, Je les défendrai et Je les consolerai » — locution reçue par Don Gobbi le 23 septembre 1973.

Source : Don Gobbi, apôtre de la Vierge Marie, Mariadele Tavazzi, TEQUI éditeur, Cf. p.143-146