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N’oublions pas Vincent Lambert

Le 11 juillet, à 8h24, Vincent Lambert mourait de faim et de soif, première personne légalement euthanasiée en France parce qu’handicapée, avec la complicité active de la justice et du gouvernement. « Faire de la vie une valeur suprême remettrait en cause la loi Léonetti et le droit à l’IVG. » Fi de ces scrupules surannés : on avorte désormais à tout âge dans notre beau pays. Mais on interdit les fessées.

La loi Léonetti sur la « sédation profonde », présentée comme un rempart contre l’euthanasie, n’est que la dernière marche qui y conduit. N’est-il pas en effet inhumain de voir ainsi un homme mourir à petit feu ? Cela pourrait être tellement plus rapide, plus doux, plus digne…

« Notre société est atteinte d’un mal profond. » s’exclame Cécile , Présidente de Choisir la Vie(photo) : faire vivre ou laisser vivre sont considérés comme des actes mauvais. La mort, la mise à mort, « sont légitimées comme source de soulagement, de libération. Une admiration morbide pour les courageux qui la souhaitent et la provoquent s’installe peu à peu… » « Notre société va mal parce qu’elle affirme dans ses lois  et ses actes que la mort vaut mieux que la vie, […] parce que le Bien est du côté de celui qui fomente la mort de son prochain, selon ses propres critères de qualité de la vie. » « Quelle est donc cette charité qui nous fait aller jusqu’à tuer l’autre ? »

Nous n’avons pas le droit de nous taire, sauf à vouloir être jugés complices de cette barbarie devant le tribunal de Dieu !

Brèves

La Cour suprême de Victoria a confirmé la condamnation, à la fois dérisoire – si abus sexuels il y avait vraiment – et monstrueuse, du cardinal Pell, à six ans de prison. Lui, tout en clamant son innocence, offre ses souffrances pour l’Église : « Savoir que ma petite souffrance peut être utilisée à des fins utiles en étant unie à la souffrance de Jésus me donne un objectif et une direction. […] Ma foi dans le Seigneur est une source de force. »

Du 27 juillet au 3 août, cinq mille routiers et guides-aînées ont marché vers Rome, à la découverte des racines chrétiennes de l’Europe, à la suite de St Benoît, de St François d’Assise, de Ste Catherine de Sienne… 837 Français participaient à cet ‘Euromoot’ qui s’est achevé par une audience avec le Saint-Père et par la Messe dans la Basilique Saint Pierre.

Alors que le projet de loi concernant la restauration de Notre-Dame de Paris laisse craindre « un geste architectural contemporain », Mgr Chauvet, recteur de la cathédrale, tient à rappeler par sa présence que « l’Église demeure l’affectataire de Notre-Dame » qui est « un lieu vivant de célébrations, de prière et de louange » et non un simple monument national.

Alors que certains le disent impotent et mentalement affaibli, le Pape émérite a quitté le Vatican quelques heures le 25 juillet, pour se rendre, en compagnie de son secrétaire, Mgr Gänswein, à Castel Gandolfo, où il a récité le chapelet, puis à un dîner avec l’évêque de Frascati, qui l’y avait invité.

Mgr Aveline a été nommé archevêque de Marseille, où il était jusqu’à présent évêque auxiliaire de Mgr Pontier depuis 2013. Né en Algérie française en 1958, docteur en théologie, il a aussi travaillé au Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux.

Malgré l’opposition écrasante des Français à la PMA pour homosexuelles (qui ouvre évidemment la porte à la GPA), exprimée lors des États généraux de la bioéthique, le projet de loi la légalisant sera examiné à l’Assemblée fin septembre. Son remboursement a déjà été préparé par le déremboursement ou la prise en charge dérisoire de traitements de (vraies) maladies : épilepsie, autisme, Alzheimer… N’ayons pas la naïveté de croire qu’une manifestation suffira à empêcher cette nouvelle déconstruction. Le combat sera long.

La Pologne résiste

Le 1er août, à l’occasion du 75e anniversaire du soulèvement de Varsovie, Mgr Jędraszewski, archevêque de Cracovie, a réagi aux provocations et profanations anticatholiques qui accompagnent la campagne homosexualiste qui déferle sur la Pologne (manifestation à Częstochowa en même temps que le pèlerinage des familles ; actes blasphématoires à Gdansk et à Varsovie ; attaque d’un prêtre, blessé le 28 juillet pour avoir refusé de céder des ornements sacerdotaux à des militants LGBT voulant parodier un « mariage » homosexuel).

Son homélie à Jasna Gora a déclenché l’ire de la bienpensance médiatique française… et les applaudissements des Polonais : « La peste rouge ne parcourt plus notre terre, heureusement, mais cela ne signifie pas qu’une nouvelle peste ne veuille contrôler nos âmes, nos cœurs et nos esprits. Non pas marxiste, bolchevique, mais née du même esprit. Pas rouge, mais arc-en-ciel. […] La violence, l’humiliation, les moqueries à propos des signes les plus sacrés : Notre-Dame de Częstochowa, apparaissent sur des lèvres qui proclament la tolérance, et aux jours même du symbole du combat polonais. Le souvenir des tombeaux nous pousse à nous défendre et à défendre une liberté authentique. »

Symbole d’un peuple qui sait ce que signifie « résister », Jakub Baryła s’est avancé, armé d’un crucifix, face à une ‘gay pride’ à Płock, le 10 août, tandis qu’une manifestation de soutien se déroulait devant l’archevêché de Cracovie, où des laïcs lançaient cet appel à tous les prêtres polonais : « n’ayez pas peur de prêcher la vérité selon l’Évangile, dénoncez les dangers pour nos enfants, nos familles, notre Église, qui est également pour la Pologne et ses valeurs chrétiennes ! […] Nous assistons à des agressions contre des prêtres et à des blasphèmes et des profanations atroces lors des prétendus « défilés pour l’égalité ». Nous pouvons voir que les opinions catholiques sont ignorées et retirées d’Internet et des espaces publics. Nous ne pouvons rester indifférents face à la montée de la haine contre les catholiques et nos lieux de culte. L’année dernière, plus de trente églises, chapelles et cimetières catholiques polonais ont été profanés ! Cette année, les attaques contre les prêtres ont également commencé ! Nous ne devons pas permettre que cela se produise ! » S’ils savaient combien se produisent en France chaque jour…

Mgr Jędraszewski est loin d’être isolé dans son combat. Mgr Mering (Włocławek) admire son « courage » : « Après tout, l’archevêque n’a rien dit d’autre que ce qu’une personne normale, saine, doit penser, qu’elle soit laïque, prêtre ou évêque. » Mgr Gądecki (Poznań), président de la conférence épiscopale, juge, lui, qu’il est en phase avec la doctrine catholique, car le respect pour les personnes ne peut porter à l’acceptation de revendications sociales contraires à la foi. Le cardinal Grocholewski, préfet émérite de la Congrégation pour l’éducation catholique, a, quant à lui, écrit à l’archevêque : « Pour ma part, je ne vois rien d’inapproprié dans le contenu de cette homélie, mais bien au contraire une interprétation réaliste de la réalité et un sens des responsabilités qui vous ont guidé dans la défense de la vérité, du bien, de la justice et de la loi de Dieu contre l’idéologie actuellement imposée. Au nom de cette idéologie, on se permet des offenses extrêmement vulgaires vis-à-vis des choses les plus saintes pour nous : l’Eucharistie, la Bienheureuse Vierge Marie et le sacerdoce. (…) Cher archevêque Marek, veuillez accepter mes sincères remerciements pour votre ministère pastoral intelligent et dévoué. » Enfin, le cardinal Duka, archevêque de Prague, appelle l’épiscopat hongrois et slovaque à former un « Visegrad catholique » pour résister à une idéologie liée à « des objectifs athée et sataniques ». Le Président Andrzej Duda a également témoigné de son « grand respect » pour l’archevêque.