Cette année : la doctrine sociale de l’Église. Ce mois-ci : L’écologie dans une perspective chrétienne

Il est clair aujourd’hui que la foi apporte une lumière essentielle sur les questions d’écologie. En quoi consiste cette lumière ? 

La Révélation permet de répondre à deux excès.

– Le premier consiste en une sorte de divinisation de la nature, dans laquelle l’homme devrait se fondre. Une manifestation caractéristique de ce courant consiste à estimer que l’espèce humaine est trop développée par rapport aux autres espèces, ce qui entraîne des désordres !

– Le deuxième excès se situe à l’opposé et prône une exploitation radicale du monde par l’homme : cela peut conduire à une destruction irréversible de la nature.

La Révélation montre l’erreur de ces deux excès. Dieu a dit à l’homme de dominer sur le jardin de la Création et lui a demandé de le cultiver. Ainsi, s’il domine la Création, l’homme ne doit pas simplement se fondre avec elle (1er excès) ; mais il n’est pas non plus le maître absolu de la Création (2e excès) : il doit se référer à Dieu.

Peut-on donner des principes sur la façon dont l’homme doit dominer et cultiver le jardin de la Création ? 

On peut donner trois grands principes :

– Dieu a donné la Création pour tous les hommes : il faut donc la cultiver en pensant au bien de tous et aussi aux générations futures.

– Dieu a donné la Création à l’homme pour qu’il la porte à son achèvement : il est donc juste que l’homme ne laisse pas la Création à l’état « sauvage », mais qu’il travaille à la rendre plus belle.

– En cultivant la Création, l’homme doit utiliser les dynamismes naturels qui viennent de la Sagesse infinie de Dieu et non pas lutter contre eux. Ainsi on se rend de plus en plus compte que, dans l’agriculture, il y a tout intérêt à s’appuyer sur les processus naturels.

L’homme aussi appartient à la Création. L’écologie concerne-t-elle aussi l’homme ? 

L’homme est bien sûr concerné par l’écologie, mais il faut prendre en considération toute la réalité humaine, corps et âme. Une écologie vraiment humaine ne saurait oublier que chaque personne humaine est le terme d’un acte créateur unique et qu’elle est appelée à la vie éternelle.

Quelles conséquences écologiques pratiques a la prise en considération de la dimension spirituelle de l’homme ? 

– Chaque personne humaine est une fin en soi, elle mérite donc d’être aimée pour elle-même et ne peut être considérée comme un pur moyen. Ainsi, il est contraire à l’écologie humaine de vouloir des enfants sur mesure par manipulation génétique ou de promouvoir un droit à avoir des enfants par n’importe quel procédé.

– L’utilisation des dynamismes naturels appliquée à l’écologie humaine devient respect de la dignité intégrale de l’homme. En médecine, cela donne par exemple un principe comme « Oui à l’homme réparé, non à l’homme augmenté » : c’est là une excellente réponse au transhumanisme qui voudrait libérer l’homme de toute limite mais qui, en le poussant à l’extrême, finit par le détruire.

En sociologie, cela conduit à promouvoir la famille fondée sur le mariage d’un homme et d’une femme ouvert à la vie : c’est le cadre le plus propice à l’épanouissement des enfants