De l’origine de quelques expressions françaises

« Donner sa langue au chat »

Autrefois, « jeter sa langue aux chiens » signifiait ne plus avoir envie de chercher la réponse à une question. Petit à petit, l’expression s’est transformée pour devenir « donner sa langue au chat », au XIXe siècle. En effet, à cette époque, le chat était considéré comme un gardien de secrets. Sa parole aurait donc une valeur considérable, et il pourrait s’agir en « donnant sa langue au chat », de lui prêter la parole pour qu’il nous donne la réponse à une devinette.

« Monter sur ses grands chevaux »

Jadis, quand les chevaux étaient encore utilisés pour faire la guerre, on utilisait des « chevaux de bataille », autrement appelés « destriers » (car les chevaliers les conduisaient de la main droite). Ces chevaux étaient très hauts et forts, de sorte que l’on dominât mieux son adversaire. L’image du courageux chevalier partant défendre ses intérêts ou ceux de son pays « sur son fidèle destrier » est restée, et c’est depuis le XVIe siècle que l’on dit d’une personne qu’elle « monte sur ses grands chevaux » lorsqu’elle s’emporte pour tenter de défendre son point de vue.

« Mettre sa main au feu »

Au Moyen-âge, lorsque les enquêtes concernant la culpabilité d’une personne s’annonçaient longues et fastidieuses, on préférait soumettre les accusés à une épreuve. Celle-ci pouvait s’accomplir de différentes manières. Il pouvait s’agir de tournois, de duels… On attachait parfois un accusé par les poignets et par les chevilles et on le jetait dans l’eau. Si son corps flottait, c’est qu’il était coupable. Il pouvait également s’agir de tenir dans ses mains une barre de fer sortant des braises ou encore de laisser sa main dans les flammes. Si elle en ressortait indemne, cela signifiait que l’on était innocent. « Mettre sa main sur le feu » est donc une référence à ce « jugement de Dieu », et on l’emploie lorsque l’on cherche à convaincre une personne que l’on a raison.

« Se tenir à carreau »

On trouve deux origines possibles de cette expression. L’une d’elle proviendrait des cartes à jouer, chaque emblème représentant une arme. Le cœur serait le courage, la noblesse, donc la cavalerie. Le pique serait l’arme de l’infanterie et le trèfle le fourrage. Le carreau quant à lui représente le projectile tiré par l’arbalète. « Être sur le carreau » serait donc « être derrière l’arme », donc stable, en position de force, mais tout de même méfiant.

« Un vent à décorner les bœufs »

Jadis, les paysans écornaient les bœufs une fois l’an pour éviter qu’ils ne se blessent les uns les autres ou que leurs cornes ne les gênent pendant qu’ils broutent. On procédait à l’opération par un jour de grand vent, puis on faisait courir les bovins dans les champs, car cela permettait d’assécher la plaie. C’était également une façon d’empêcher la plaie de s’infecter au contact des mouches et autres insectes, qui sont attirés par le sang mais fuient le vent.