La Révélation divine et le rôle de prêtres

Le relativisme religieux est contraire à la foi de l’Église 

Extrait de la déclaration Dominus Iesus de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (6 août 2000)

La pérennité de l’annonce missionnaire de l’Église est aujourd’hui mise en péril par des théories relativistes, qui entendent justifier le pluralisme religieux, non seulement de facto mais aussi de iure (ou en tant que principe). Elles retiennent alors comme dépassées des vérités comme par exemple le caractère définitif et complet de la révélation de Jésus-Christ, la nature de la foi chrétienne vis-à-vis des autres religions, l’inspiration des livres de la Sainte Écriture, l’unité personnelle entre le Verbe éternel et Jésus de Nazareth, l’unité de l’économie du Verbe incarné et du Saint-Esprit, l’unicité et l’universalité salvifique du mystère de Jésus-Christ, la médiation salvifique universelle de l’Église, la non-séparation, quoique dans la distinction, entre le Royaume de Dieu, le Royaume du Christ et l’Église, la subsistance de l’unique Église du Christ dans l’Église catholique. […]

Pour remédier à cette mentalité relativiste toujours plus répandue, il faut réaffirmer avant tout que la révélation de Jésus-Christ est définitive et complète. On doit en effet croire fermement que la révélation de la plénitude de la vérité divine est réalisée dans le mystère de Jésus-Christ, Fils de Dieu incarné, qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6) : « Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Mt 11,27) ; « Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils Unique-Engendré, qui est dans le sein du Père, Lui, l’a fait connaître » (Jn 1,18) ; « En Lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité, et vous vous trouvez en Lui associés à sa plénitude. » (Col 2,9-10.)

Fidèle à la parole de Dieu, le concile Vatican II enseigne : « La profonde vérité que cette révélation manifeste, sur Dieu et sur le salut de l’homme, resplendit pour nous dans le Christ, qui est à la fois le médiateur et la plénitude de toute la Révélation. »

Nous ne pouvons pas nous passer de prêtres

Méditation de Joseph Ratzinger pour une première messe (Rhénanie, 1962)

Le jour où un jeune peut transformer pour la première fois le pain de cette terre en Corps du Seigneur est […] une grande fête. De même que l’on ressent comme un don précieux la première bénédiction que ses mains consacrées peuvent dispenser. Le sacerdoce est encore un don que nous attendons et pour lequel nous remercions avec joie.

Mais nous savons aussi que la fête joyeuse de ce jour se déroule sur un fond bien sombre : nos séminaires, construits depuis peu et agrandis, sont presque vides ; ceux qui osent accomplir le pas ultime vers l’autel sont de moins en moins nombreux, tandis que le nombre de ceux qui doutent du sens de leur vocation et qui envisagent une autre route ne cesse d’augmenter. Les ombres s’allongent, la solitude de ceux qui persévèrent et se demandent de plus en plus sérieusement quel avenir les attend devient plus profonde.

Devenir prêtre a-t-il encore un sens dans un monde où la seule chose qui vaille est le progrès technique et social ? La foi a-t-elle un avenir ? Vaut-il la peine de jouer toute sa vie sur cette carte ? Le sacerdoce ne serait-il pas un vestige dépassé du temps jadis dont personne n’a plus besoin, tandis que nous devrions employer toutes nos forces pour éliminer la misère et développer le progrès ?

Mais les choses en sont-elles réellement là ? Ou bien l’humanité, faisant tourner de plus en plus vite la machine du progrès ne s’enfoncera-t-elle pas toujours davantage dans une folie suicidaire ? Le célèbre pilote français Antoine de Saint-Exupéry écrivit un jour dans une lettre à un général : « Il n’y a qu’un problème, un seul, de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle. Des inquiétudes spirituelles. Faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien. On ne peut vivre de frigidaires, de politique, de bilans et de mots croisés, voyez-vous ! » Et dans son livre Le Petit Prince, il affirme que le monde des adultes, des gens sages, est incompréhensible. Nous ne comprenons que les machines, la géographie et la politique. Mais ce qui est essentiel, la lumière, les nuages, le ciel et ses étoiles, cela, nous ne le comprenons plus. Et le grand écrivain russe Soljenitsyne, quant à lui, rapporte le cri d’angoisse d’un communiste qui se trouvait dans les prisons de Staline : « Nous aurions à nouveau besoin d’églises en Russie, et d’hommes dont la vie pure fasse revivre ces églises et les transforment en espace pour l’âme. »

En fait, l’homme ne vit pas seulement de réfrigérateurs et de budgets. Plus il cherche à le faire, plus il devient désespéré, plus sa vie devient vide. Aujourd’hui encore et aujourd’hui plus que par le passé, nous avons besoin de personnes qui ne vendent pas des articles de luxe et ne font pas de propagande politique, mais qui se préoccupent de l’âme de l’homme, qui aident les gens à ne pas perdre leur âme dans l’agitation de chaque jour. Nous avons besoin de prêtres : plus ils deviennent étrangers au monde des affaires et de la politique, plus ils nous sont nécessaires.

Phrase du mois

« Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes. »

Saint Curé d’Ars