Le Lion de Münster contre l’eutha-nazie

Quand l’évêque de Münster s’opposait au meurtre programmé des handicapés…

Août 1941 : Mgr von Galen, dont la devise est Nec laudibus, nic timore  (Ni pour les louanges, ni par peur), déclare dans un sermon son opposition au plan Aktion T4 visant à euthanasier des handicapés. Lu à la BBC, il fut diffusé partout par la résistance antinazie, même au front. En voici quelques extraits :

« Ces malheureux patients doivent mourir, non pas pour quelque raison semblable mais parce que par le jugement d’un certain organisme officiel, sur la décision d’un certain comité, ils sont devenus “indignes de vivre”, parce qu’ils sont classés en tant que membres improductifs de la communauté nationale”. Le jugement est qu’ils ne peuvent plus produire aucun bien : ils sont comme une vieille machine qui ne fonctionne plus, comme un vieux cheval qui est devenu boiteux de manière incurable, comme une vache qui ne donne plus de lait. […]

Mais nous ne sommes pas concernés ici par de vieilles machines, nous n’avons pas affaire à des chevaux et à des vaches, dont l’unique fonction est de servir l’humanité, de produire des biens pour l’humanité. Elles peuvent être détruites, ils peuvent être abattus quand ils ne remplissent plus cette fonction. Non ! Ici il s’agit d’hommes et de femmes, nos prochains, nos frères et sœurs ! De pauvres êtres humains, des êtres humains malades. Ils sont improductifs, si vous voulez… Mais cela signifie-t-il qu’ils ont perdu le droit de vivre ? As-tu, ai-je le droit de vivre seulement aussi longtemps que nous sommes productifs, aussi longtemps que nous sommes reconnus par d’autres comme productifs ?[…]

Si on l’admet, une fois, que les hommes ont le droit de tuer leurs prochains “improductifs” – quoique cela soit actuellement appliqué seulement à des patients pauvres et sans défenses, atteints de maladies – alors la voie est ouverte au meurtre de tous les hommes et femmes improductifs : le malade incurable, les handicapés qui ne peuvent pas travailler, les invalides de l’industrie et de la guerre. La voie est ouverte, en effet, pour le meurtre de nous tous, quand nous devenons vieux et infirmes et donc improductifs.

Alors aucun homme ne sera en sûreté : n’importe quelle commission pourra le mettre sur la liste des personnes “improductives”, qui dans leur jugement sont devenues “indignes de vivre”. Et il n’y aura aucune police pour le protéger, aucun tribunal pour venger son meurtre et pour amener ses meurtriers à la justice. Qui pourra alors avoir une quelconque confiance dans un médecin ?

On ne peut s’imaginer la dépravation morale, la méfiance universelle qui s’étendra au cœur même de la famille, si cette doctrine terrible est tolérée, admise et mise en pratique. Malheur aux hommes, malheur au peuple allemand quand le saint commandement de Dieu : « Tu ne tueras pas ! », que le Seigneur a donné au Sinaï dans le tonnerre et les éclairs, que Dieu notre Créateur a écrit dans la conscience de l’homme au commencement, si ce commandement n’est pas simplement violé mais sa violation tolérée et exercée impunément !