L’Eglise source de biens

Liberté, Vérité, Sainteté

Benoît XVI aux jeunes, New York, le 19 avril 2008

« La liberté est une valeur délicate. Elle peut être mal comprise, et mal utilisée, et ainsi conduire non pas au bonheur que nous attendons tous de la liberté, mais à une zone sombre de manipulation dans laquelle notre compréhension de nous-mêmes et du monde devient confuse, et même déformée par ceux qui ont un autre projet.

Avez-vous remarqué le nombre de fois où la liberté est revendiquée sans aucune référence à la vérité de la personne humaine ? Il y a ceux qui affirment aujourd’hui que le respect de la liberté de la personne individuelle rend injuste la recherche de la vérité, y compris la vérité sur ce qui est bien. Dans certains milieux, parler de la vérité est considéré comme une source de discussions et de divisions et on préfère donc réserver cela à la sphère privée. Et à la place de la vérité – ou plutôt de son absence – s’est répandue l’idée qu’en donnant de la valeur à tout sans distinctions, on assure la liberté et on libère la conscience. C’est ce que nous appelons le relativisme.

Mais quel est l’objectif d’une “liberté” qui, ignorant la vérité, poursuit ce qui est faux ou injuste ? […] Chers amis, la vérité n’est pas une imposition. Elle n’est pas non plus un simple ensemble de règles. C’est la découverte de Celui qui ne nous trahit jamais; de Celui en qui nous pouvons toujours avoir confiance. En cherchant la vérité nous finissons par vivre selon la foi car, en définitive, la vérité est une personne : Jésus-Christ. C’est la raison pour laquelle la liberté authentique n’est pas le choix d’un désengagement. C’est le choix de “s’engager pour” ; rien moins que sortir de soi et se laisser associer à l'”être pour les autres” du Christ. […]

Prenez courage ! Fixez votre regard sur les saints ! La diversité de leurs expériences de la présence de Dieu est une invitation à redécouvrir la largeur et la profondeur du christianisme. […] Nous sommes parfois considérés comme des personnes qui ne parlent que d’interdits. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité ! […] Comme les saints nous l’enseignent de manière si vivante, la prière devient l’espérance en acte. Le Christ était leur compagnon de toujours, avec lequel il parlait à chaque instant sur leur chemin au service des autres. […]

Il y a un autre aspect de la prière que nous devons nous rappeler : la contemplation silencieuse. […] N’ayez pas peur du silence et du calme, écoutez Dieu, adorez-le dans l’Eucharistie ! Laissez sa parole façonner votre chemin comme un développement de la sainteté. »

Devant les scandales qui ternissent l’Église, que faire ?

Extrait de Pour qu’Il règne de Jean Ousset

Que faire ? Ce que firent Véronique et le Cyrénéen au passage du maître couvert de sang, de poussière, de crachats. D’abord ne pas avoir peur ! Ne pas déserter ! Fendre les rangs de la foule. Avancer résolument vers Jésus. Rester fermes dans la foi. Soyons prêts, et plus prompts s’il se peut que Véronique, pour reconnaître, sous quelque souillure que ce soit, avec la Sainte Face de notre Dieu, la Sainte Face de l’Église. Qu’en gestes doux et pieux nous sachions rendre au cher visage son essentielle pureté.

Essuyer la Sainte Face, comme Véronique. Mais en prenant soin, comme elle, de ne pas ajouter à sa douleur. Sans l’écorcher un peu plus du fait de nos colères ou de nos impatiences. Sans rouvrir ses blessures. Aider à porter la Croix, comme Simon. Efficacement certes. Mais sans rudesses nouvelles, sans maladresses, sans sursauts douloureux.

Gardons-nous, surtout, de détourner les yeux devant l’ignominie du spectacle. Sachons reconnaître Celui… et donc Celle (l’Église) qui semblent vaciller devant nous. Malgré tant de souillures, tant d’ecchymoses, empêchons qu’on oublie leur pureté, leur sainteté fondamentales.

« Nous l’avons méconnu, prophétisait Isaïe. Sans beauté, sans éclat, méprisé, le dernier des hommes, un être de douleur, rompu à la souffrance, au visage caché, semblable à un lépreux… » Oui, tout cela est vrai. Du Christ comme de Église. C’est là, sans nul doute, l’aspect lépreux, sans beauté, sans éclat, décrit en maints passages d’Isaïe. Mais non moins vrais, pour le Christ (et son Église), les textes sacrés qui parlent du plus beau des enfants des hommes, de vêtements blancs comme la neige, de visage plus brillant que le soleil.

Église, source de sainteté dans la vie privée. Église, source de civilisation, d’ordre et de paix dans la vie publique. Mère des saints, mère des vierges, mère des martyrs, mère des apôtres, mère des docteurs, mère des moines défricheurs, agriculteurs et bâtisseurs, mère des libérateurs d’esclaves, mère des guérisseurs de malades, mère des hôpitaux, mère des orphelinats, mère des refuges, mère des écoles, mère des universités, mère de la dignité des familles, mère du respect de la femme, mère de l’esprit chevaleresque, mère institutrice des peuples, mère des encycliques sociales, mère protectrice des arts, mère de nos basiliques et de nos cathédrales… Mère des deux Thérèse, mère de François, de Thomas, d’Ignace, de Xavier, de Vincent, etc. »

La phrase du mois :

« Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur. »

(Psaume 3)