Une Eglise vivante

Marchons enfants : 600 000 personnes dans les rues de Paris !

C’est reparti ! Les familles sont redescendues dans la rue en nombre ce dimanche 6 octobre pour manifester contre le projet de loi bioéthique dit « PMA pour toutes », qui contient également de nombreuses dérives eugénistes (photo J-L Boulard). Les couleurs avaient changé pour du vert et du rouge ; mais l’esprit est le même : rappeler qu’un enfant a un père et une mère, qu’il a besoin des deux, et qu’il est un être humain qui ne peut pas être manipulé.

Les organisateurs eux-mêmes n’attendaient pas tant de monde, et il a fallu ouvrir en urgence un second parcours dans les rues de Paris pour que la foule très compacte puisse rejoindre la Place Montparnasse, ce que tous n’ont même pas réussi à faire ! Le ciel s’est mis de la partie : alors que des trombes d’eau tombaient le matin aux abords de Paris, les nuages se sont dissipés et la météo a été très clémente pour le cortège.

La traditionnelle bataille des chiffres a eu lieu. Les organisateurs ont annoncé 600 000 personnes. Alors que la préfecture de Paris avait annoncé qu’elle ne donnerait pas d’estimation, elle a finalement évalué la foule à 42 000 personnes… Les organisateurs ont demandé les vidéos… en vain. Il faudra revenir. Une chose est sûre : la préfecture a été débordée par le nombre inattendu de marcheurs, au point d’ouvrir ce second cortège pour des questions de sécurité !

Le week-end des 30 novembre-1er décembre est prévu pour des actions dans tous les départements. Par ailleurs, une nouvelle manifestation d’ampleur nationale à Paris, est annoncée pour le 19 janvier prochain : « Nous appelons dès à présent l’ensemble des personnes qui soutiennent notre combat à se mobiliser et tous les Français à venir à Paris manifester », a déclaré Albéric Dumont. Il a annoncé que cette nouvelle manifestation conserverait « son ADN, massif, populaire, familial, spontané, digne et solennel ». La Marche pour la Vie, initialement prévue à cette date du 19 janvier, a été supprimée cette année pour se joindre à cette manifestation nationale.

Brèves

Le Pape François a accepté le 1er octobre la démission du cardinal Jean-Pierre Ricard (photo), qui a atteint l’âge de soixante-quinze ans. Né à Marseille en 1944, il est depuis dix-huit ans archevêque de Bordeaux, et a été durant six années, de 2001 à 2007, président de la Conférence des évêques de France.

Le synode sur l’Amazonie s’est conclu ce dimanche 27 octobre. Il a réuni les pères synodaux pendant trois semaines à Rome. Le Pape pourrait donner un texte d’ici la fin de l’année.

Le 13 octobre a été canonisé une des grandes figures de l’Église d’Angleterre : John Henry Newman. Cet ancien anglican a traversé le XIXe siècle, ayant vécu de 1801 à 1890. Sa conversion au catholicisme fut le fruit d’un long chemin et d’une touchante quête de la vérité. Il a exercé une grande influence sur le milieu intellectuel catholique. Le cardinal Newman avait été béatifié le 19 septembre 2010 par Benoît XVI lors de son voyage apostolique en Angleterre.

« À l’origine du 11 septembre de notre foi »…

En septembre 2018, le secrétaire particulier du pape émérite Benoît XVI, Mgr Georg Gänswein, avait qualifié le scandale des abus sexuels de « 11 septembre de l’Église ». En ce mois d’octobre, il vient de publier un livre au titre évocateur : À l’origine du 11 septembre de notre foi.

À cette occasion, dans une interview à un journal allemand, il a dit la peine de Benoît XVI devant « l’éclipse de Dieu » dans l’Église d’Allemagne, affirmant que beaucoup de ce qui s’y passe « lui fait mal ». Il a également ajouté : « Aujourd’hui, l’Église est à bien des égards dans une grande confusion, parce que la majorité des fidèles ne prennent pas vraiment le catéchisme au sérieux et n’adhèrent pas aux enseignements des Apôtres. La nouvelle évangélisation ne peut se faire au détriment de la doctrine traditionnelle. Avec l’abaissement des biens précieux du salut par l’Église, ni une nouvelle évangélisation ni un approfondissement de la foi ne réussiront… »

Jean-Paul II docteur de l’Église et co-patron de l’Europe ?

Ce 22 octobre, en la fête liturgique de saint Jean-Paul II, les évêques polonais ont demandé, par la voix du Président de la conférence des évêques, qu’il puisse être nommé docteur de l’Église et co-patron de l’Europe. Le prélat a écrit une lettre au pape François, dans laquelle il déclare que « le pontificat du Pape polonais était rempli de décisions révolutionnaires et d’événements importants qui ont changé le visage de la papauté et influencé le cours de l’histoire européenne et mondiale. »

Sa demande a été appuyée par le cardinal Stanislaw Dziwisz, qui fut le secrétaire particulier de St Jean-Paul II durant tout son pontificat, puis qui fut nommé par Benoît XVI archevêque de Cracovie. Le cardinal Dziwisz a lui aussi déclaré : « L’héritage du Pape Wojtyła est une synthèse riche, multiforme et originale de diverses lignes de pensée. Il ne fait aucun doute qu’il demeure – et restera encore longtemps – un élément essentiel d’un projet global de renouvellement culturel à l’échelle mondiale. À mon avis, telles sont en même temps les principales raisons pour lesquelles Jean-Paul II devrait être reconnu docteur de l’Église et co-patron de notre maison européenne. » L’année 2020 sera celle du centième anniversaire de la naissance de Karol Wojtyla, le 8 mai 1920. L’occasion de répondre à cette demande ?

Par ailleurs, la Conférence des évêques polonais, réunie les 8 et 9 octobre, a fait savoir qu’elle autorisait l’ouverture du procès diocésain en vue de la béatification des parents du saint Pape. Le cardinal Dziwisz affirme : « Il ne fait aucun doute que la spiritualité du futur saint Pontife s’est formée dans la famille et grâce à la foi de ses parents. » Et d’ajouter que « les parents du Pape polonais pouvaient devenir un exemple valable pour les familles modernes ».