Il y a cent ans naissait Saint Jean-Paul II :

Cette année, nous approfondirons les textes lumineux de son pontificat.

Ce mois-ci : l’encyclique Redemptoris missio (7.12.1990)

« Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile. » En reprenant les mots de saint Paul, saint Jean-Paul II a voulu donner à l’Église une nouvelle ardeur missionnaire, convaincu qu’il était de « l’urgence de l’activité missionnaire. » Il a souligné le lien intrinsèque entre la mission et la foi : « Le dynamisme missionnaire a toujours été un signe de vitalité, de même que son affaiblissement est le signe d’une crise de la foi […]. La foi s’affermit lorsqu’on la donne. »

La mission est-elle nécessaire aujourd’hui ?

Jésus est l’unique Sauveur qui a accompli le mystère de la Rédemption pour tous les hommes et il veut entrer en communion avec eux, en leur proposant une vie radicalement nouvelle. La mission consiste à proposer le salut offert par Jésus à tous les hommes. « La mission est un problème de foi, elle est précisément la mesure de notre foi en Jésus-Christ et en son amour pour nous. » La nécessité de la mission découle de notre foi en Jésus, unique Rédempteur.

Qui est le protagoniste de la mission ?

L’Esprit-Saint est l’acteur principal de la mission de l’Église, qui continue l’œuvre du salut, enracinée dans le sacrifice de la Croix. On le voit dès les Actes des Apôtres où Il précède la mission des Apôtres ad gentes, c’est-à-dire vers les païens. Les Apôtres sont envoyés par l’Esprit-Saint, qui guide la mission de l’Église et prépare les cœurs à recevoir l’Évangile.

Quelles sont les trois situations de l’évangélisation ?

– La mission ad gentes concerne les peuples qui n’ont pas encore reçu l’Évangile et ne connaissent pas le Christ ou dans lesquels les communautés chrétiennes ne sont pas encore solidement établies.

– Dans les communautés chrétiennes aux structures ecclésiales fortes, à la foi et à la vie fervente, s’exerce l’activité pastorale de l’Église qui est une des formes d’évangélisation.

– Il existe une situation intermédiaire, dans les pays de vieille tradition chrétienne, mais parfois aussi dans des Églises plus jeunes, où des groupes entiers de baptisés ont perdu le sens de la foi vivante et ne se reconnaissent plus comme membres de l’Église, menant une existence éloignée du Christ et de son Évangile. Cette situation appelle une « nouvelle évangélisation ».

Quelles sont les principales difficultés de la mission ?

Saint Jean-Paul II pointe des difficultés externes : le refus de certains pays d’accueillir des missionnaires, l’interdiction de se convertir ou du culte chrétien, ou des obstacles d’ordre culturel, quand la transmission du message évangélique apparaît comme incompréhensible.

Il existe aussi des difficultés internes à l’Église, à commencer par la division des chrétiens, la déchristianisation de certains pays chrétiens, la diminution des vocations missionnaires, l’indifférentisme qui découle du relativisme religieux.

Comment évangéliser ?

« L’homme contemporain croit plus les témoins que les maîtres. » L’Évangile doit être annoncé par des témoins crédibles par leur cohérence de vie. L’annonce de la Parole de Dieu est en vue de la conversion, c’est-à-dire de la pleine adhésion au Christ et à son Évangile. La Sainte Vierge est un modèle missionnaire pour l’Église.